
Une étude égyptienne observationnelle prospective récente, menée à l'hôpital universitaire de Fayoum, met en évidence le rôle significatif du statut sérique en vitamine D dans la modulation de la douleur postopératoire chez les patientes suivies pour un cancer du sein.
Cette cohorte incluait 184 femmes devant subir une mastectomie radicale modifiée unilatérale, réparties équitablement selon leur taux de vitamine D (carence définie par un seuil < 30 nmol/L).
Le protocole d'anesthésie et d'analgésie était standardisé pour toutes, incluant l'administration peropératoire de fentanyl, avec un relais postopératoire par paracétamol intraveineux et tramadol administré via auto-analgésie contrôlée par la patiente (PCA, plafond de 50 mg/h). Les résultats objectivent que les patientes carencées en vitamine D présentent un risque triplé de développer des douleurs d'intensité modérée à sévère dans les 24 premières heures postopératoires. Bien qu'aucun score d'intensité douloureuse supérieur à 7/10 n'ait été rapporté, la différence s'explique par une surreprésentation des douleurs modérées (scores de 4 à 6) dans le groupe carencé.
Sur le plan pharmacologique, cette hyperalgésie s'est traduite par une consommation peropératoire de fentanyl très légèrement majorée (delta de 8 µg) et, de façon plus probante, par une surconsommation moyenne de 112 mg de tramadol en postopératoire.
Des effets indésirables liés aux opioïdes, notamment les nausées, ont été plus fréquemment observés chez ces patientes déficitaires. Ces données cliniques suggèrent qu'une supplémentation préopératoire chez les patientes carencées pourrait optimiser les protocoles d'épargne morphinique en chirurgie sénologique.
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