Formulaire de recherche

Les services de santé mentale ambulatoires se vident de leurs effectifs
12/05/2026 - 03:36

Les psychiatres et psychothérapeutes ambulatoires belges, tant pour adultes que pour enfants, sont inquiets. Alors que le nombre de Belges en incapacité de travail de longue durée due à la dépression ou au burn-out ne cesse d'augmenter, les services ambulatoires de santé mentale se vident de leurs effectifs. Des investissements supplémentaires dans ce secteur sont nécessaires dès maintenant, affirme la Fédération belge de psychiatrie ambulatoire (FBPA) dans un communiqué de presse, et non pas seulement en 2029-2030, comme le prévoit l'accord de gouvernement.

La presse a fait état la semaine dernière d'un nombre record de personnes en arrêt de travail de longue durée en Belgique. La principale cause de ces absences prolongées est liée aux troubles psychiques. La FBPA se réfère elle-même à des chiffres de 2023, année où 37,57% des personnes en incapacité de travail de longue durée étaient chez elles en raison d'un trouble psychique. Les indemnités versées à ce titre s'élevaient alors à plus de 2 milliards d'euros.

Cette demande croissante se heurte toutefois à un mur. En effet, les centres de santé mentale font face à des délais d'attente pouvant aller jusqu'à deux ans. Et les soins ambulatoires connaissent eux aussi une pénurie criante. Ainsi, 58% d'entre eux ont suspendu les nouvelles inscriptions et seuls 5% disposent encore de places disponibles à court terme.

Et cela alors que les problèmes psychiques non traités coûtent une fortune à la société. Outre l'absentéisme, il y a aussi le présentéisme, soit des personnes bien présentes au travail mais qui, de par leurs affections psychiques, ne peuvent pas travailler efficacement. Une étude internationale estime ce présentéisme encore plus couteux que l'absentéisme.

L'accord de gouvernement fédéral ne prévoit une réforme structurelle qu'en 2029-2030. Mais c'est trop tard, estime la FBPA. "D'ici là, les soins de santé mentale ambulatoires de deuxième ligne auront implosé. Nous avons besoin dès maintenant de mesures urgentes: une revalorisation des consultations psychiatriques ambulatoires au même titre que le reste des soins médicaux spécialisés, un cadre de remboursement pour la psychothérapie spécialisée et la thérapie des traumatismes, ainsi qu'une harmonisation entre les soins ambulatoires et résidentiels".

"Chaque mois de report signifie davantage d'allocations, davantage d'absences au travail et moins de psychiatres qui tiennent le coup", estime la FBPA.

source: belga