
Une avancée majeure en neurotechnologie franchit un cap inédit dans l'intégration de dispositifs électroniques aux systèmes biologiques vivants.
Les équipes de l'Université Northwestern (Evanston, IL, USA) fabriquent des neurones artificiels capables d'activer directement des réseaux neuronaux naturels. Ces structures bio-inspirées déclenchent des potentiels d'action chez des cellules de cervelet de souris. Contrairement aux puces de silicium rigides traditionnelles, ces composants utilisent des matériaux souples et imprimables. L'encre électronique, composée de feuillets nanométriques de disulfure de molybdène semi-conducteur et de graphène, se dépose sur un substrat polymère flexible par impression par jet d'aérosol. Le passage du courant induit une décomposition partielle du polymère, formant un filament conducteur étroit. Ce phénomène physique génère des réponses électriques variées, mimant précisément les décharges, rafales et signaux continus des véritables synapses, avec une temporalité physiologique exacte.
Cette prouesse technologique ouvre des perspectives fascinantes pour le développement de neuroprothèses destinées à restaurer l'audition, la vision ou la motricité. De plus, elle offre une solution concrète face au défi énergétique colossal posé par l'intelligence artificielle. Le cerveau humain traite des informations complexes en consommant cinq ordres de grandeur moins d'énergie qu'un ordinateur numérique classique. En reproduisant l'hétérogénéité et la plasticité tridimensionnelle du cortex, ce matériel neuromorphique promet de réduire drastiquement les besoins électriques des futurs centres de traitement de données.
Printed MoS2 memristive nanosheet networks for spiking neurons with multi-order complexity
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