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Applications Santé: patients et médecins ne sont pas d’accord!
09/03/2016 - 02:58

Les applications Santé sur nos smartphones et nos tablettes et autres montres connectées font flores. Si beaucoup sont d’un très bon niveau, d’autres pèchent par un manque de précision. Cependant, dans tous les cas selon des chercheurs de l’université de Washington, les données rapportées par le patient vers son médecin traitant peuvent être très nombreuses, trop nombreuses pour que ce dernier puisse les traiter correctement. Ceci constitue une source de frustration pour le patient et pour le médecin.

Ces chercheurs ont mené une enquête auprès de 211 patients et des interviews d’une vingtaine de patients et de médecins. Ils ont ciblé deux types d’applications en raison du nombre de patients concernés aux USA : l’obésité pour 30% de la population générale et le syndrome du côlon irritable pour 10 à 20%. « Nous avons entendu de la part des médecins que de plus en plus de gens amenaient leurs données, traitées ou non, sous forme de graphiques en consultation, et ils en sont submergés », explique Christina Chung, l’auteure principale.

L’objectif des chercheurs ne s’est pas limité au constat. Ils ont réuni une équipe autour d’eux afin de trouver des solutions afin que ces données puissent être exploitables. Ceci comporte le développement d’outils pour résumer et visualiser ces données, définir des méthodes d’analyse et d’aider les cliniciens de déterminer quels sont les meilleurs outils à conseiller à partir des buts poursuivis, notamment.

Le souci est qu’il n’existe pas de standard d’exportation de ces données. Actuellement, la seule manière de les transmettre aux médecins passe par l’impression des résultats. Le plus souvent, ceux-ci sont résumés, mais ils ne sont pas toujours rélevants pour le médecin… Par ailleurs, il faut aussi apprendre aux patients à gérer l’enregistrement complet de certaines données le concernant. En effet, la vie privée est souvent mise à mal par ce type d’applications. Une analyse très fine des conditions d’utilisation s’impose sous peine qu’elles deviennent disponibles pour des groupes industriels ou d’assurances.

Pour les chercheurs, il faudrait que cet aspect soit pris en considération pour les développeurs, mais on pourrait imaginer que cela le soit aussi par des autorités de contrôle chargées de vérifier l’intérêt de l’application et son respect à la vie privée. Ensuite, Chung et ses collègues pensent qu’un effort devrait être fait pour permettre une meilleure communication des données entre utilisateur et médecin.

Boundary Negotiating Artifacts in Personal Informatics: Patient-Provider Collaboration with Patient-Generated Data